L’imaginaire de l’espace chez Perec est multiple : cette notion recouvre toute une gamme d’éléments spatiaux réels et fictifs depuis les espaces géographiques et urbains jusqu’aux lieux familiers et non-lieux. On peut même prétendre à l’existence d’une cartographie des espaces perecquiens(on pense tout de suite à cette employée d’agence immobilière dans La Vie mode d’emploi, qui plan à la main et dans l’espace par excellence intermédiaire de l’escalier, veut montrer l’immeuble à un locataire) : l’espace de la ville et son aménagement, l’espace de vie individuel (appartement, maison, chambre, cabinet d’étude), l’espace mémoriel, l’espace ludique et textuel, etc.
L’imaginaire spatial perecquien s’inspire des faits et des observations, mais les dépasse largement et une partie essentielle chez Perec de la notion de l’espace est construite et fabriquée. Chaque œuvre de Perec est marquée par la présence des espaces spécifiques, à cette réserve près que dans son essai Espèces d’Espaces, l’exploration des espaces et la classification des lieux sont assez poussées : l’espace géographique et territorial (espace de la ville et du monde) fait bien partie du paradigme spatial perecquien.
Dans cet article, nous nous interrogerons sur l’espace perecquien, dans toutes ses dimensions et sur le rôle incontesté du regard qui nous aide à comprendre comment Perec imagine et organise divers espaces. |